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 Les crocodiles en 8 films : Saurien, vous êtes filmés !

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Max|mum
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MessageSujet: Les crocodiles en 8 films : Saurien, vous êtes filmés !   Dim 7 Sep - 9:30

Les crocodiles ! Trouver des films mettant en scène ces reptiles venus de la préhistoire sans tomber dans le nanar n’a pas été une mince affaire. Car si nous faisons fi des joyeux Krocodile & Raptor Killers VS Giant Spider Alligator 3 et autres productions Asylum immondes, que reste-t-il des sauriens dans le septième art ?

Si Les dents de la mer n’a rien inventé, le chef d’œuvre de Spielberg a popularisé et ancré dans l’inconscient collectif les archétypes du genre. Ainsi vous verrez, par exemple, le personnage de Quint décliné dans quasiment tous les films présentant un animal mangeur d’homme (requins, crocodiles, serpents…). L’expert qui connaît tout sur le bestiau, un avantage technique indéniable pour le reste des personnages, mais qui finit souvent dans les mâchoires du monstre, laissant le désespoir monter d’un cran pour le reste du groupe (et du spectateur).

Un autre apport important de Spielberg dans le genre a été de rendre son monstre réel. La menace n’est ni un être issu du folklore, ni un alien, mais un animal que l’on peut aller voir au zoo ou dans un aquarium. Évidemment, d’autres cinéastes l’avaient fait avant (Les Oiseaux d’Hitchcock par exemple), mais Les Dents de la mer a quand même posé les couilles sur la table, avouons-le. N’importe qui se baignant dans l’eau salé ne peut s’empêcher de penser à la musique de John Williams, même de nos jours. Hollywood ayant le nez fin, une multitude de production profitant du carton de Spielberg voit le jour. Et dans cette vague, le crocodile s’est frayé un chemin, bouffant deux ou trois surfeurs au passage.

J’ai donc sélectionné huit films de crocodiles tueurs, bon ou mauvais, mais ayant tous un minimum d’intérêt. Votre vie de cinéphile va changer, vous allez pouvoir briller en société en évoquant les mésaventures d’un crocodile ayant gobé un sac rempli d’oseille (Million Dollar Crocodile) ou encore un alligator mangeant les restes d’un tueur fou (Le crocodile de la mort). Bonne lecture !




Lake Placid, de Steve Miner (1999).



Steve Miner se penche en 1999 sur le cas des sauriens. Miner est un réalisateur officiant beaucoup dans le genre horrifique, on lui doit quelques séquelles des sagas Halloween, Vendredi 13 ainsi que le remake du Jour des morts-vivants et House. Sur un scénario signé David E. Kelley, mari de Michelle Pfeiffer (c’était important de le souligner, je vous jure, il n’y avait rien d’autre d’intéressant à référencer sur ce gars), Steve Miner (réalisateur de certains épisodes de Dawson… Bon ok c’était pute de référencer ça, désolé Steve) met en image un monstre de plus de dix mètres semant le trouble dans un paisible lac du Maine. Aidé par une paléontologue (Bridget Fonda), le sheriff (Brendan Gleeson) et un riche taré passionné de croco (Oliver Platt), le garde forestier (Bill Pullman) essaie de découvrir quel genre d’animal sévit dans le lac.

Si le film est radin en tripaille et autres joyeusetés rougeâtres, l’alchimie entre les différents protagonistes et le ton délibérément humoristique donnent un côté immédiatement sympathique à Lake Placid. Sans tomber dans la parodie ou la pure gaudriole, on savoure avec délice les lancés de fions que se réservent les personnages. Ainsi lorsque le shériff explique à une grand-mère qu’il va devoir tuer l’animal préféré de cette dernière, elle lui répond : « Si j’avais une bite, je vous dirais de me la sucer… », je n’ai pas pu m’empêcher de recracher mes chips par le nez. Niveau mise en scène, sans être un mauvais artisan, Steve Miner n’arrive jamais à vraiment tirer ses scripts vers le haut. Il fait le boulot, mais rien d’exceptionnel à souligner. Les apparitions en CGI du crocodile sont plutôt pas mal, compte tenu de l’époque et du budget.

Lake Placid, de part son humour et sa durée (1h20), reste une petite série b recommandable. Oubliable mais fun sur le moment. Le genre de film qu’on aimait louer gamin, pendant les mercredis après-midi pluvieux.




Le crocodile de la mort, de Tobe Hooper (1977).



Après avoir réalisé son chef d’œuvre, Massacre à la tronçonneuse, Tobe Hooper signait un petit bijou de cinéma malsain, crade, puant et dérangeant, Le crocodile de la mort.

Je me permets un léger hors-sujet avec ce film, j’avoue. Ce n’est pas vraiment un film de crocodile, puisque Hooper met en scène les meurtres d’un tueur détraqué, directement inspirés du vrai tueur en série Joe Ball (il donnait le reste de ses victimes aux alligators). On va donc suivre le personnage de Judd (Neville Brand), tenancier d’un hôtel au bord d’une rivière en Louisiane. Judd est un tueur fou qui n’hésite pas à poursuivre une petite fille se réfugiant sous le planché de la maison (et y restera jusqu’à la fin du film, brrr…) et qui nourrie un énorme crocodile avec ses cadavres.

La force du film vient de l’ambiance diluée par Tobe Hooper. Les lumières rouges, la brume omniprésente, les bruits de forêt, l’établissement crasseux, les noirs profonds, la mise en scène crue, tout est là pour essayer de vous mettre mal à l’aise et ne jamais vous conforter dans votre canapé. La scène ou Judd veut massacrer sa victime à coup de faux, avec les yeux grand ouverts et hurlant, c’est de l’angoisse à l’état pur. Hooper ne filme jamais comme dans un slasher, il prend son temps en s’attardant sur les doutes ou les préparatifs du tueur, on ne le lâchera pas d’une semelle tout le long.

Si Le crocodile de la mort n’est pas une œuvre définitive et aussi maîtrisée que Massacre à la tronçonneuse, il ne reste pas moins un pur film d’épouvante, sans concession, dans lequel la pourriture transpire sur votre écran. Certaines images vous marqueront, comme une œuvre graphique qui vous prend aux tripes et qui vous rappelle, à l’image de certains métrages de Lucio Fulci, ce qu’est le vrai cinéma d’horreur.

Black Water de David Nerlich et Andrew Traucki (2007).



Premier métrage écrit et réalisé par le duo australien, Black Water choisit l’angle du réalisme et du suspense (tout comme leur film suivant, le lénifiant The Reef). S’inspirant de divers faits réels et mettant en scène un vrai crocodile (oui oui, un VRAI putain de crocodile !), on se retrouve avec trois personnages coincés sur un arbre après avoir chavirés de leur petite embarcation, en plein milieu d’une rivière australienne. Impossible pour eux de rejoindre leur bateau se trouvant à quelques mètres de leur refuge sans que le reptile montre le bout de son museau.

Les apparitions du monstre étant sporadiques, Nerlich et Traucki tentent de tisser un lien avec le spectateur plutôt que de miser sur un spectacle gore et passif. Ils essaient sans cesse de nous mettre à la place des protagonistes en jouant au jeu du « vous feriez quoi à leur place ? ». La caractérisation des personnages, simple et minimaliste, permet une identification rapide (ici point de djeun’s partant s’envoyer en l’air au bord de l’eau, simplement une famille allant pêcher en rentrant de vacances). Les ficelles scénaristiques pour installer un sentiment de perte à la mort des personnages sont certes classiques, mais les deux réalisateurs ont l’intelligence de ne pas revenir dessus inutilement. Le concept paradoxal du huis clos en pleine forêt montre tout de même ses limites. Si le film reste épuré et court, le duo rallonge inutilement certaines séquences et la barrière qui sépare l’ennui de la contemplation devient parfois très fragile.

Les deux australiens nous offrent un film bougrement efficace, certaines apparitions glacent le sang et les morts sont parfois tétanisantes. Cependant le rythme lent et le concept du huis clos peut en ennuyer certains. Black Water fait penser à l’excellent survival Frozen d’Adam Green sorti en 2010, que je ne peux que vous conseiller (trois amis bloqués en haut d’un télé siège sur une piste de ski, en bas les loups attendent qu’ils descendent, hihi).

L’incroyable alligator, de Lewis Teague (1980).



Deux ans après avoir écrit Piranhas réalisé par Joe Dante, John Sayles gribouille un script narrant une nouvelle fois les mésaventures d’animaux aquatiques féroces, ou plutôt un seul animal dans le cas présent. Réalisé par un poulain de Roger Corman, Lewis Teague, L’incroyable alligator fait partie des innombrables films surfant sur le succès des Dents de la mer sorti cinq ans plus tôt.

Un bébé alligator est jeté aux chiottes par son propriétaire. Il grandit dans les canalisations de Chicago en se nourrissant des cadavres d’animaux de laboratoire balancés illégalement dans les égouts. Manque de bol, les expériences faites sur ses pauvres bêtes impliquaient des hormones de croissances ; une bien belle excuse pour nous servir un monstre aussi grand qu’un bus.

L’originalité du scénario de Sayles est de placer l’action dans un cadre urbain, s’inspirant ainsi d’une légende connue dans le monde entier : « Des crocodiles dans les égouts ». En effet, dans les années trente à New-York, plusieurs cas avérés de crocodiles et autres alligators vivants dans les égouts surprit toute la ville. Mais après une énorme campagne d’éradication, plus aucun reptile aux dents aiguisées ne fut trouvé dans les sous-sol de la grande cité. Il n’en faudra pas plus pour faire naître une légende.

Avec Robert Forster comme flic dans le rôle titre, Lewis Teague s’embarrasse d’une intrigue policière pas toujours passionnante et d’un fond écolo juste à peine effleuré (ouf, j’ai envie de dire). Le rythme est bien tenu et le montage masque le manque de thune avec brio. Les effets spéciaux, alternant animatronique et vrai alligator évoluant dans des décors reconstruits à petite échelle, gardent leur efficacité et leur charme d’antan. On notera comme scène marquante la mort d’un gamin bouffé dans sa piscine (Les dents de la mer l’avait fait, il n’y a pas de raison).

Si L’incroyable alligator sort du lot, c’est surtout pour son cadre original (loin des décors exotiques), ses effets spéciaux réussis et son rythme plutôt bien tenu par rapport aux challengers de son époque. Le quota de sang et de déchiquetage est honnête, et le duo Robert Forster/Robin Riker offre un capital sympathie non négligeable.

Million Dollar Crocodile, de Lisheng Lin (2012).



Les australiens et les ricains ne sont pas les seuls à aimer mettre en scène des crocodiliens de la famille des crocodilidés (Celluloïdz, partenaire de Discovery Channel ®™ ), la Chine a aussi pondu son gros monstre vert en 2012. Ce qui attire la curiosité du film de Lisheng Lin, c’est son pitch pour le moins original.

Un croco avale un sac à main contenant cent mille euros après s’être évadé d’un abattoir. Wen Yan (Barbie Xu) est bien déterminée à récupérer son argent dans le ventre de la bête, aidée par un policier empoté et son jeune fils. Lorsque une bande de petite frappe locale apprend que le reptile vaut cent mille euros, tous les coups sont permis pour arriver le premier devant la gueule du monstre.

Point d’horreur et de gore dans Million Dollar Crocodile. Le film tend plus vers une comédie d’aventure qu’un survival énervé. C’est sur un ton décalé que Lin fait évoluer ses personnages, tous plus atypiques les uns que les autres. C’est souvent maladroit et quelques protagonistes vous énerveront plus qu’autre chose, mais dans le cadre d’un film familial c’est tout à fait correct. Le crocodile n’est pas un monstre assoiffé de sang, il veut simplement retourner chez lui ; la nuit il pointe la patte vers la rivière et s’exclame : « Home… ». La photo est très jolie, les couleurs pètent bien comme il faut, dommage cependant que les incrustations du reptile en CGI ne soient pas tout le temps à la hauteur. Mis à part quelques faux raccords un peu gros, Lisheng Lin arrive à bien iconiser la bête, visuellement le film est plutôt joli.

Le principal problème est que le métrage expose plusieurs cartes mais n’en choisit jamais vraiment une pour la jouer à fond, tout est survolé. Par exemple, Lin tente de tisser un lien entre le fils du héros et la bête, mais rien dans le script ne servira à appuyer cette idée. De même que l’émotion dans la scène finale, rien n’est fait en amont pour préparer le spectateur à s’émouvoir.

Million Dollar Crocodile, c’est sympa. Peut-être que toutes les bouses que j’ai dû me taper pour préparer cet article me rendent indulgent, qui sait ? On y trouve quand mêmes des bonnes idées, comme le fait de devoir faire sonner le portable de l’héroïne se trouvant dans l’estomac du crocodile pour pouvoir le localiser. Seulement, il y a de fortes chances pour que le film n’excède pas votre mémoire sensorielle ; la mémoire sensorielle (ou registre sensoriel) conserve brièvement l’information apportée par vos sens, elle constitue le passage obligé pour le stockage de la mémoire à court terme (Celluloïdz, partenaire de Science & Vie Junior ®™).

Primeval, de Michael Katleman (2007).



Le concept était pourtant alléchant. S’inspirer d’un animal existant, le crocodile Gustave, avait tout d’une excellente idée pour un survival. D’une part parce que la bête existe toujours, un documentaire vraiment passionnant lui a été d’ailleurs dédié, et d’autre part parce qu’elle est responsable d’un nombre d’attaque impressionnant. Pour couronner le tout, ce gigantesque enfant de putain mesure sept mètres. Un vrai mythe vivant.

Après avoir bouffé des tonnes de noirs, un énorme crocodile baptisé Gustave a la mauvaise idée de dévorer une femme blanche. Pour la peine, une bande de journalistes américains est dépêché au Burundi pour pondre un reportage et capturer le mystérieux crocodile. Manque de bol, le pays est en Guerre et le groupe se retrouve coincé entre les attaques du saurien et le feu d’une milice local pas très accueillante, dont le chef se nomme… Little Gustave.

America, Fuck Yeah ! Tout en se donnant bonne conscience (le héros a pour réplique dans une scène : « Plus on essaie d’aider ces gens, plus ça empire les choses… »), le film de Katleman donne une vision ultra réactionnaire et démagogique de l’Afrique. Il est difficile de comprendre où voulaient en venir les scénaristes John Brancato et Michael Ferris en ancrant leur histoire dans un environnement de Guerre et de problèmes politiques complexes. Mise à part plonger les protagonistes entre deux dangers distincts, la milice d’un côté et le crocodile de l’autre, ce contexte n’amène aucune réflexion sur le sujet. Non pas qu’il est forcément maladroit de planter son décor au milieu d’une Guerre toute fraîche, mais encore faut-il user de tact pour développer un minimum son propos.

Vous allez me dire que Primeval n’est pas un film politique, que je n’ai qu’à retourner voir The Constant Gardener. Oui c’est vrai, mais quand le réalisateur prétend avoir un discours au détour de certains dialogues, comme par exemple le sidekick black qui balance : « je ne dirais jamais ça devant des blancs, mais l’esclavage avait des bons côtés », ou encore un gamin burundais qui tue un méchant milicien pour gagner un ticket vers l’Amérique, on peut facilement reprocher un gros manque de subtilité, non ?

Et le crocodile dans tout ça, vous allez me dire ? Car c’est bien ce qui nous intéresse, les attaques d’un monstre à écaille, en revanche ce n’est pas ce qui intéressait l’équipe derrière Primeval. On a bien droit à un ou deux coups de dents sympathiques, quelques jolis plans encadrant une photo jaune pisse et une bestiole ayant de la gueule. Mais avant de faire un film de monstre efficace, Michael Katleman a voulu donner du fond à son métrage. De la même manière qu’un étudiant américain pose son doigt sur la Chine quand on lui demande de désigner l’Espagne sur une carte du monde (et paf dans la gueule, rien à foutre).

Solitaire, de Greg McLean (2007).



Si l’on ne compte pas les Crocodile Dundee, voilà donc le meilleur film du genre. La formule reste pourtant la même qu’à l’accoutumée et le film a quasiment un pitch identique au métrage australien Black Water, sorti la même année. Décidément le pays des kangourous et les crocodiles étaient à l’honneur en 2007, car Solitaire est un film écrit et réalisé par l’australien Greg McLean (mais produit en partie par Dimension Films, ce qui techniquement en fait un film australo-américain, ou américano-australien, ou austraricain, bref).

Des touristes se retrouvent coincés sur un minuscule îlot de terre disparaissant petit à petit sous la marée. Un énorme crocodile rôde et compte bien bouffer ce petit monde.

Un bref aparté avant d’entrer dans le bide du sujet, je déconnais pour les Crocodile Dundee en début de paragraphe ; non pas que je doute de vos détecteurs de sarcasmes, mais je préfère préciser, au cas où. La crédibilité est une chose importante, ne risquons pas de la salir pour arracher quelques rictus aux lecteurs bien avisés.

Comme dans sa réalisation précédente, Wolf Creek, Greg McLean arrive à placer la Nature au dessus de tout. Comme une présence étouffante, dont on arrive jamais à dissocier la bienveillance de la cruauté. De là à user de phrases toute faites du type « Le décors est le personnage principal » il n’y a qu’un pas, que je ne franchirai pas. Pourtant la volonté du cinéaste à confronter l’Homme civilisé à la Nature reste le cœur des ses deux premiers films. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Pete (Michael Vartan), le personnage principal, a paumé ses valises à l’aéroport. De cette manière McLean plonge sont héros dans l’aventure en costard, seul métaphore de notre société civilisée, face à la puissance de la Nature. La scène d’ouverture est filmée comme un documentaire, une vraie attaque de crocodile sur sa proie, comme on peut le voir sur Discovery Channel. Pas d’artifice de mise en scène ou de suspense, ici McLean présente sa menace, la Nature, tout simplement.

Les attaques sournoises de la bête ne surprennent pas, le jump-scare n’est pas de mise dans Solitaire. McLean utilise le suspense de manière intelligente en faisant évoluer formellement son film d’un style documentaire vers un pur survival graphique lors du climax final. Les premières attaques sont donc discrètes et rapides, alors que l’affrontement final offrira au spectateur un moment de suspense glaçant.

Greg McLean est un cinéaste intéressant et je n’ai fait qu’évoquer les grandes lignes. Je ne peux que vous conseiller ardemment de voir ses films, dont le dernier en date Wolf Creek 2 est une tuerie ultime. Quant à Solitaire, il nage très haut au dessus de la masse. Si vous ne deviez en choisir qu’un en finissant de lire cet article, jetez-vous sur le film de McLean !

Les dents de la mort, de Arch Nicholson (1987).



Réalisé par Arch Nicholson (ancien assistant de Peter Weir et malheureusement décédé à l’âge de 48 ans de la maladie de Charcot), Les dents de la mort est encore un film australien se démarquant qualitativement de ses concurrents dans le genre. Même si l’on ne s’éloigne pas du schéma type propre aux productions s’accrochant à l’aileron de Bruce, le film de Nicholson s’avère intéressant sous bien des aspects.

Un gros crocodile bouffe des gens, le garde du parc naturel (incarné par John Jarratt, le tueur des Wolf Creek) veut stopper le carnage. Ce dernier se retrouve tiraillé entre son supérieur qui lui ordonne de tuer le monstre et les aborigènes qui l’implorent de le sauver. Bref vous connaissez la chanson maintenant ?

Le film tisse en toile de fond un propos écolo, qui même sous ses airs candides s’avère plutôt rondement mené. Le peuple natif vénère la bête, tandis que l’homme blanc envahissant s’évertue à l’exterminer. Ainsi le métrage peut être perçu comme une parabole construite sur la résistance des aborigènes, le crocodile devenant alors le symbole de cette lutte. De ce fait, Arch mystifie son crocodile, le rendant quasi divin.

Cette approche, plutôt abstraite de la menace, n’atténue en rien la puissance des mâchoires du gros lézard. Les scènes horrifiques sont efficaces, notamment celle du petit garçon (oui, comme dans Les dents de la mer, encore une fois) se faisant broyer dans la gueule du crocodile sous la pression de la morsure, et le tout sous nos yeux, sans coupure. Tout comme le film de Spielberg, Nicholson opte pour un traitement en deux parties, la première baigne dans l’horreur, la seconde devient un récit d’aventure. Formellement le métrage jouit de quelques jolis plans d’hélicoptère, faisant ressentir le poids inexorable de Mère Nature, reléguant les Hommes à de frêles créatures ankylosées de dogmes byzantins (oui, je m’essaie à la poésie, avec franc succès, avouons-le !). Mise à part ça, la réalisation d’Arch Nicholson ne marque pas les esprits, cependant les apparitions du crocodile sont superbement mises en valeur, surtout durant les scènes de nuit.

Des chasseurs bouseux qui balancent leur canettes de bière vides dans la rivière ? Une jolie blonde ? Des aborigènes qui dansent autour d’un feu pour vénérer les Dieux ? L’homme de pouvoir qui ne pense qu’à l’argent ? Tout est là pour faire de Les dents de la mort un énième film de monstre inintéressant. Pourtant le traitement arrive à donner du charme et un minimum d’intérêt à ce sympathique et peu connu petit film.

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